J'ai acheté un beau cahier ....

Publié le par Divine_Naive

J'ai acheté un beau cahier. Un cahier pour reprendre une vieille habitude que j’avais auparavant depuis l’âge de six ans : tenir un journal écrit au stylo. Le garder en permanence sur moi et y noter n’importe quoi. Telle une jeune écolière, je me suis arrêtée chez mon buraliste-papeterie préférée de ma rue et suis restée plantée pendant des heures devant ses cahiers.

J’avais le choix entre différents formats, différentes couvertures … Pour finalement opter pour une imitation vieux livres, avec un texte de Freud gravé dans la couverture accompagné de sa signature. Sans doute ai-je déjà décidé que ce cahier me servirait plus pour faire mon introspection plutôt que d’en faire un objet créatif – car après tout, mon égocentrisme exacerbé a décidé que c’était ici que j’étais artiste. Et non en private.

 

Mes examens blancs se sont bien passés dans l’ensemble. Enfin, quand je dis bien passé, c’est que j’ai daigné faire le minimum syndical histoire de voir s’il est vraiment obligatoire que je pousse à fond ma rhétorique le jour du véritable examen.

 

L’alcool ne passera plus mon palier. Je l’ai décidé.

J’ai encore trop replongé dans les méandres de la bière après avoir beaucoup trop abusé du café. J’avais décidé de ma la jouer sérieuse, pas une goutte d’alcool, mais j’ai craqué un aprèm quand mon père a été capable de ma balancer en pleine tronche un «  Tu dois choisir entre garder ton appart’ et rentrer dans la vie active ou alors, tu continues tes études et tu reprends une chambre chez l’habitant »…Vlaaaaam. Me suis déchirée la tronche, j’ai chialé sur la Bande Originale de Hero - pas la série ricaine que j’ai jamais matée, mais le film de  Zhang Yimou mécréants !- Et une fois avoir bien maudis le monde et son injustice, j’ai rappelé mon paternel et l’ai copieusement insulté.

Hélas … Craquer une fois, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Et même si je me disais que ce n’était qu’un One-shoot destructeur, j’ai encore abusé de l’alcool qui amplifie mes états d’âmes. Cela doit être à cause des reprises d’antidépresseurs. L’Effexor semble stimuler mon envie de houblon ou alors, ai-je simplement besoin de continuer à me détruire alors que mon pauvre psychiatre tente de me sauver les fesses… Je l’aime bien mon nouveau psy.

 

En quelques discussions, il a réussi à comprendre qu’en effet, ma place n’était pas celle que j’occupais actuellement. Tout comme elle n’était pas celle que j’occupais auparavant. D’ailleurs, je ne saurais dire où se trouve ma place au fond… Intrinsèquement, elle se doit d’être en dehors de tout et en même temps à l’intérieur du tout. Donc je ne vois pas comment je peux y arriver…

 

Les entretiens que j’ai pu avoir ce nouveau psy sont loin d’avoir la même finalité que celles que j’ai pu avoir avec mon australienne. Avec mon australienne, on cherchait à regonfler l’estime de moi-même, arrêter les cachetons, arrêter de me détruite, mais sur le long terme. D’ailleurs, il y a de très bonnes choses qui se sont passées avec elle : j’ai pu comprendre que je n’avais pas spécialement besoin de médocs pour continuer à vivre. Sauf que … Si je voulais vivre sans médicaments, il me fallait rester en dehors de ces contingence et obligations de la vie et me mettre au vert pour faire ce sacré boulot.

Grossomodo, continuer à étudier et à bosser en même temps tout en restant «  under control » chez moi pour bosser mes cours, ça fait un peu beaucoup pour la sale rebelle douée d’un libre arbitre beaucoup trop développé.

J’ai fais le choix ultime de me confronter à la vie active à 100 à l’heure dans la Capitale plutôt que de restée planquée je ne sais où au calme.

Je préfère vivre une vie de merde, mais l’avoir choisie, plutôt que de prendre le pari de rester tranquille dans le chemin que le destin a peut-être décidé pour moi et de peut-être aussi, me sentir mener une vie de merde.

 

Donc le nouveau psy vise le court terme et me met dans une espèce de bulle moléculaire pour canaliser ma rage et ma fougue qui me caractérisent.

 

Long terme, court terme, finalité… J’ai l’impression de causer de mon existence comme je causerai dans un devoir d’économie. D’ailleurs, le dernier devoir que je me suis coltinée parlait d’un DRH qui disait que le stress et le Darwinisme dans une entreprise n’étaient pas les meilleures méthodes de management et qu’il valait mieux viser le long terme tranquillou plutôt que de s’emplafonner dans le court terme et viser à tout prix les profits rapides. Car au fond, pour répondre à la pression que peuvent mettre les marchés financiers sur les entreprises, beaucoup décident de foutre une pression monstre sur leurs salariés et sus aux drames psychosociaux…

 

[ … ]

 

Et merde. Je viens de démontrer par A+B ce qu’il se passe de plus en plus autours de moi. Génération désenchantée … Rares sont ceux qui en ont conscience. Après on me reproche mon cynisme doublé d’un pessimisme déprimant.

Mais comment voulez-vous que je sois guillerette et que j’aille danser dans les boîtes de nuits comme le font la plupart des jeunes de mon âge ?

 

A part tout ça, j’ai bientôt 25 ans. La dernière fois que je suis allée dans une boîte, j’ai déjà ressenti un énorme coup de vieux en me confrontant à la tecktonik et les seuls qui dansaient à peu près comme moi étaient les gogo-danseurs à demi à poils qui remuaient leur popotin.

Ils étaient sexy, ils étaient beaux, j’ai toujours voulue être gay.

Malheureusement ma condition de femme m’en empêche. Alors tant bien que mal, je m’en accommode et me suis rendue compte au fil du temps que j’étais attirée par les garçons coquets-efféminés et les filles brute de décoffrage.

En gros, je suis tout le mouvement Queer à moi toute seule… C’est pas facile.

Le pire c’est qu’avec le physique de petite donzelle d’1m52 pour une p’tite cinquantaine de kilos, le sourire charmeur et l’épaule chatoyante - sans causer de mon cul -  si je ramenais pas autant ma fraise et n’étalais pas trop ma culture et ma marginalité, peut-être bien que je serais en train de me faire dorloter par un gentil garçon. Mais non … Non … J’y arrive pas.

 

Alors, c’est ainsi . Ma vie s’écoule en un combat inévitable face à ma véritable nature, qui souhaiterait ( parfois ) être du même monde que le votre … Mais …


 


Publié dans Nihilisme Egotique

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V
toute la force du mais et des trois chtis points... 
Répondre
D
<br /> Comme toujours !<br /> <br /> <br />